"Pour garder des "Ancesseurs", les noms, les faits et l'honneur"

Gardien de nos racines
et passeur de leur mémoire

Hommage à Jacques LANCESSEUR (1917-1943)
Jacques LANCESSEUR est le fils d'André LANCESSEUR (1889-1980) et de son épouse Jeanne LEROUX. Il est né en 1917 à Rouen, second né d'une fratrie de six enfants :
Simone (1915), Jacques (1917), Michel (1920), Roger (1922) ,Yves (1923), Etienne (1924)
Dernière mission
Jacques LANCESSEUR s'engage dans l'armée de l'air.et devient rapidement officier à l'Ecole d'Aviation de Salon de Provence. A 26 ans il est lieutenant au Groupe de Chasse 11/7.
Le 27 août 1943, Lieutenant, il servait sous les ordres du Général Roger Duval et effectue une mission de reconnaissance à la suite d'une alerte et décolle du terrain d'aviation de Bône-les-salines en Algérie avec deux autres avions.
Il ne reviendra que dans le cœur de sa famille car il disparaît au dessus de la méditerrannée au large des côtes africaines.
Aucune trace de lui n'a jamais été retrouvée.
La disparition en mer est une tragédie particulière pour les familles, l'absence de sépulture rendant le deuil "suspendu".
Jacques Lancesseur figure parmi ces héros dont le nom est gravé dans l'histoire de l'Armée de l'Air.
Le Spitfire Mk5 "que pilotait Jacques

À cette époque, le Groupe de Chasse II/7 (Nice), auquel il appartenait, était une unité d'élite. Après avoir été basé en Afrique du Nord, le groupe est réarmé par les Alliés avec des avions de chasse britanniques, les célèbres Supermarine Spitfire.
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Lieu de décollage : L'aérodrome de Bône-les-Salines (aujourd'hui Annaba en Algérie) était une base stratégique majeure pour surveiller les mouvements maritimes et protéger les convois alliés contre la Luftwaffe et les sous-marins.
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La Mission : Les missions de "reconnaissance sur alerte" consistaient souvent à intercepter des échos non identifiés ou à protéger la côte d'une incursion ennemie.
Note historique : Le Général Roger Duval dont le témoignage suit, sous les ordres duquel Jacques Lancesseur servait, était une figure respectée de l'aviation de chasse française en Afrique du Nord, ayant contribué à la réorganisation des forces aériennes françaises libres et de l'Armée d'Afrique.
Le contexte militaire : le GC 11/7
Informations militaires et Résistance
Conflit : 1939-1945
Grade, unité : Lieutenant - G.C. 2/7 - Unité non répertoriée
Complément : Groupe de chasse "Nice" - R.A.F. Squadron 326
Autres informations militaires : Légion d'Honneur - Citation à l'Ordre de l'Armée Aérienne - Officier à l'École d'Aviation de Salon-de-Provence - Pilote de chasse d'un Spitfire Mk 5 effectuant une mission de reconnaissance à la suite d'une alerte et décolle du terrain d'aviation de Bône-les-Salines en Algérie avec deux autres avions - Disparaît au dessus de la Méditerranée au large des côtes africaines dans un combat aérien contre des Messerschmitt 110
Le Général Roger Duval raconte la fin de Jacques Lancesseur
« Une mission m’a particulièrement marqué, vers le 24 ou le 25 mai. Je devais être en protection haute d’une mission de reconnaissance et, au moment de décoller du terrain de Cormeilles, un de mes équipiers, souschef de patrouille, a eu, c’était assez fréquent, des ennuis de moteur. Il s’est reposé, je suis resté seul avec un garçon qui sortait de l’École de l’air, qui venait d’être envoyé là en renfort après avoir fait ses toutes petites premières armes à Montpellier, le lieutenant Lancesseur.
Il a été tué, deux ou trois ans après . J’avais donc ce jeune équipier et deux patrouilles légères d’accompagnement. Du fait que nous n’avions pas de liaison radio, j’avais dit à mes équipiers que, s’il se passait quelque chose, ils me coupent la route car moi, pendant ce temps-là, je surveillais les gens que j’avais à protéger, les deux patrouilles d’accompagnement et le Potez 63. Il ne me restait qu’un seul équipier, Lancesseur. Malheureusement pour lui, normal pour un jeune garçon qui sortait d’une école de chasse, voyant arriver les Messerschmitt 110 sur nous, il n’a pas eu le réflexe de me couper la route. Évidemment, je surveillais quand même mes arrières et le temps que je continuais à jouer à cache-cache avec les gens que j’avais à surveiller, il s’était passé dix secondes. Quand je me suis retourné, plus personne sinon, peut-être, à deux ou trois kilomètres de là, une mêlée absolument incroyable. »
Sources : "Le piège" Revue des anciens élèves de l’Ecole de l’Air – mars 2015