"Pour garder des "ancesseurs", les noms, les faits et l'honneur"

Gardien de nos racines et passeur de leur mémoire

Généalogie: les branches LANCESSEUR
On trouve aujourd'hui des LANCESSEUR un peu partout en France. Mais au 17ème siècle, ils vivaient essentiellement en Normandie. La branche la plus ancienne a pris racine dans l'Avranchin, la plus petite aux Baux de Breteuil (27) et la plus prolifère à Rouen (76 Saint-Etienne - du - Rouvray). La parenté entre ces trois branches n'a jamais pu être établie, mais la rareté du nom, et sa concentration ancienne en Normandie poussent raisonnablement à penser qu'elle a pu exister.
Origine du nom LANCESSEUR
Le nom LANCESSEUR proviendrait du terme latin ANTECESSOR, qui possède deux significations.
La première renvoie à l’« ancêtre », l’aïeul, un ascendant généralement plus éloigné que les grands-parents.
La seconde désigne celui qui marche devant, qui montre le chemin : dans la Légion romaine, ce mot servait à nommer « l’éclaireur ».
Transmis oralement pendant des siècles, le nom a connu de nombreuses variantes : Ancesseur, Anceseur, Lancezeur (notamment en Bretagne), Lanceseur, puis Lancesseur.
On rapporte que la cloche du clocher de l’église de Vains, dans la Manche, détruit puis reconstruit au XIXᵉ siècle, portait l’inscription « LANCESEUR », avec un seul « S », en hommage à son mécène, selon l’usage de l’époque.
On trouve également dans la Manche un lieu-dit appelé Lancessouries ou l’Encessourie, situé à l’entrée de la commune de Saint‑Jean‑le‑Thomas, face au Mont Saint‑Michel. Ce lieu fut le fief du noble écuyer Jehan LANCESSEUR, seigneur du Belinays au XIIIᵉ siècle.
A-t-il donné son nom à ces terres ou a‑t‑il hérité du nom que celles-ci portaient ? La question reste ouverte.
Ce qui est certain, c’est que le nom LANCESSEUR est très ancien, sans doute millénaire. Les traces les plus anciennes se trouvent en Normandie.
Au début du XXᵉ siècle, un groupe d’historiennes religieuses alsaciennes rapporta à Edmond LANCESSEUR – première source des données généalogiques disponibles – que la devise médiévale de la famille était :
« Pour garder des Ancesseurs, les noms, les faits et l’honneur. »
Cette belle devise peut encore être adoptée par toute la famille aujourd’hui.
Actuellement, on trouve des LANCESSEUR un peu partout en France. Au XVIIᵉ siècle, ils vivaient principalement en Normandie, répartis en trois grandes branches :
– l’une dans l’Avranchin (Manche),
– une autre aux Baux-de-Breteuil (Eure),
– et la plus importante à Saint‑Étienne‑du‑Rouvray (Seine‑Maritime), dont le cimetière abrite encore un mausolée familial.
Bien qu’aucun lien formel n’ait été établi entre ces branches, la rareté du nom et sa forte implantation historique en Normandie invitent à penser qu’elles sont liée
La branche avranchaise (50)
On retrouve donc dés le 13ème siècle un certain Jehan LANCESSEUR Ecuyer, dont le fief s'étendait dans la Manche (50) au nord-ouest d'Avranches.
"LANCESSOURIES" est un lieu-dit, qui existe encore sur la commune de Saint-Jean-le-Thomas à une dizaine de kilomètres au nord-ouest d'Avranches.
Plus tard semble-t-il ses descendants s'établissent dans une propriété qui porte le nom de "La POLINIERE" à quelques kilomètres de là, à BACILLY.
Les archives des paroisses avoisinantes (Avranches , Bacilly ,Vains..) et leurs cimetières regorgent d'actes et de sépultures aux noms de "LANCESSEUR" .
Le Blason héraldique de cette famille anoblie depuis au moins la fin du XIème siècle est ainsi décrit:
"D'argent a trois besans d'azur".
"Argent" est la couleur grise du fond du blason."Azur" est la couleur bleue.
Le Besan (ou Tourteau en langage héraldique) était une monnaie d'or byzantine, ce qui laisse à penser que cette famille aurait été anoblie en récompense de courageux faits de guerre par un ou plusieurs de ses membres pendant la première Croisade.
On trouve encore à Lancessouries un très vieux linteau de porte en pierre sur lequel sont gravées ces armoiries.
D'argent a trois besans d'azur disposés deux et un

Les Lancesseur de cette branche avranchaise ont migré au cours des siècles, certains vers la Sarthe et la Vendée où ils se sont établis durablement et d'autres vers la haute Normandie pour fonder peut-être la branche de Saint-Etienne-du Rouvray (76) ou/et la branche de Baux-de-Breteuil (27).Malheureusement il ne reste plus beaucoup de représentants directs de cette branche avranchaise anoblie depuis la nuit des temps.
Noblesse et particule de la branche avranchaise
Les Lancesseur de la branche avranchaise apparaissent comme nobles dès la fin du XIᵉ siècle. Cette ancienneté suggère une noblesse dite « d’extraction », possiblement acquise à la suite de la participation d’un membre de la famille à la première croisade. Bien que cette condition corresponde au rang le plus modeste de la hiérarchie nobiliaire (celui d’écuyer), il convient de rappeler que les lignages dont la noblesse d’extraction remonte à près d’un millénaire demeurent extrêmement rares en France.
Sous l’Ancien Régime, la particule nobiliaire n’avait pas pour fonction d’indiquer une noblesse intrinsèque, mais servait principalement à relier le nom patronymique au nom du fief. Ainsi trouve‑t‑on les formes « Jehan Lancesseur, écuyer, seigneur du Belinay » ou « Jehan Lancesseur de la Polinière ». La plupart des familles nobles ne portaient pas de particule fixée devant le patronyme ; la forme « de Lancesseur » n’était donc pas en usage.
Ce n’est qu’après la Révolution française de 1789 que l’emploi d’une particule anteposée s’est largement diffusé, souvent pour des raisons sociales ou de distinction symbolique. Dans ce contexte, Gabriel René de Lancesseur (1756‑1808) semble avoir été le premier à placer la particule devant son nom. Ayant quitté les fiefs historiques de la famille, il ne pouvait plus se référer à une seigneurie spécifique pour préciser son identité (comme « Lancesseur de la Polinière »).
Par ailleurs, la noblesse d’Empire, au début du XIXᵉ siècle, utilisa fréquemment la particule comme marqueur social. Il est donc probable que Gabriel René ait adopté la forme anteposée « de Lancesseur » afin de maintenir une identification nobiliaire indépendante de son lieu de résidence.
L’aphorisme de Molière « Non, non, la naissance n’est rien sans la vertu » rappelle toutefois que la valeur morale ne découle pas de la seule ascendance. Un exemple significatif est celui d’Yvonne de Lancesseur, engagée dans la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale, dont l’action héroïque confère à la famille une dimension honorifique contemporaine.
Toute information complémentaire sur Yvonne de Lancesseur serait bienvenue afin de permettre l’élaboration d’une notice biographique destinée à lui rendre hommage.
Les branches des Baux- de-Breteuil (27)
Quelques LANCESSEUR comtemporains descendent de cette lignée, dont le plus ancien représentant s'appelait Pierre LANCESSEUR, marié le 26 novembre 1729 avec Marie EUDES. Aujourd'hui nous n'avons pas pu relier ses descendants à l'une des deux autres branches.
Les branches de Saint-Etienne-du-Rouvray (S.E.R) , d'Amiens et de Bonsecours (76)
La branche des Lancesseur établie à Saint‑Étienne‑du‑Rouvray constitue la lignée la plus prolifique du nom. Elle prend son origine au XVIIᵉ siècle avec Étienne Lancesseur, né vers 1620, et son épouse Catherine Histin (ou Heslin, l’orthographe variant selon les actes). La quasi‑totalité des Lancesseur ayant résidé dans la commune descend de ce couple fondateur.
Dès la génération suivante, une première migration familiale se forme avec leur petit‑fils, Étienne Lancesseur, né le 23 avril 1690. En 1715, il épouse à Amiens Marie‑Hélène Leroux et s’y établit durablement, donnant naissance à la branche picarde.
Le nom de sa fiancée (LEROUX) étant courant à Saint-Etienne-du Rouvray à cette époque, laisse penser qu'ils auraient migrés ensemble.
Au XVIIIᵉ siècle, une autre lignée se détache lorsque Pierre Lancesseur (né en 1756), fils de François, franchit la Seine pour s’installer avec son épouse, Marie Clavier, à Notre‑Dame‑de‑Franqueville, aujourd’hui Franqueville‑Saint‑Pierre. Bien que séparée de seulement deux kilomètres de Saint‑Étienne‑du‑Rouvray, cette implantation marque l’origine de la branche de Bonsecours, toujours représentée à l’époque actuelle.
L’arrivée du chemin de fer à Saint‑Étienne‑du‑Rouvray, dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle, ainsi que l’essor de la ville de Rouen, favorisent ensuite une mobilité accrue des membres de la famille. Aujourd’hui, les descendants d’Étienne Lancesseur demeurent nombreux en Normandie, mais se retrouvent également dans plusieurs régions, notamment les Bouches‑du‑Rhône, l’Ain, la Charente‑Maritime, l’Isère, la Savoie, le Loir‑et‑Cher et l’Île‑de‑France.
La présence de nombreux LANCESSEUR à (76) Saint-Etienne du Rouvray au fil des siècles est corroborée par plusieurs citations dans le livre de Pierre DUCHEMIN - Histoire de Saint-Etienne du Rouvray , que vous pouvez peut-être encore trouver sur Amazon.
En voici quelques extraits :
Page 80 - "Dans aucune paroisse nous n'avons encore trouvé pareil nombre d'individus portant le même nom, à tel point qu'il faut leur donner des sobriquets pour arriver à les distinguer. Ainsi nous trouvons : 4 familles ANCEL, 3 BACHELET, 5 BAZIN,...9 familles LANCESSEUR..."
Ailleurs il est relaté page 124, que, en 1790, " les trois plus anciens de la commune, dont un certain Bernard LANCESSEUR, faisaient partie du bureau provisoire , pour organiser le vote du premier conseil municipal..."
Enfin page 242 : "Le 28 décembre, l'assemblée municipale est appelée à dresser le tableau des vieillards, infirmes et mendiants de la commune; les vieillards et les infirmes y figurent au nombre de 14, et les mendiants au nombre de 37. Toutes les mesures seront prises pour subvenir à leurs besoins.
Cette liste nous révèle qu'à Saint-Etienne du Rouvray, même encore à cette époque, les surnoms étaient forts en honneur, et quels surnoms ! Ainsi on trouve : la veuve LANCESSEUR dite Galotte, LANCESSEUR dit Roquet..."