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Hommage à Michel LANCESSEUR (1920 - 1944)
héros et martyr de la seconde guerre mondiale

 

Michel LANCESSEUR est le fils d'André LANCESSEUR (1889-1980) et de son épouse Jeanne LEROUX.

Il est né le 15 janvier 1920 à Rouen, troisième d'une fratrie de six enfants :

Simone (1915), Jacques (1917), Michel (1920), Roger (1922) ,Yves (1923), Etienne (1924).

De 1940 à 1942 - entre ses 20 et 22 premières années

Admis à Saint-Cyr, Michel LANCESSEUR fit partie de la promotion « amitié franco-britannique »  qui partit au front après quelques mois d’école. Il fut nommé sous-lieutenant le 20 mars 1940, affecté au 7e Régiment d’infanterie coloniale (RIC).

 

 Il est blessé au bras, le 27 mai 1940 au cours d'une attaque au Sud d'Amiens à la tête d'une Section  du RTSCN (Régiment de Tirailleurs Sénégalais des Confins Nigériens). Hospitalisé pour son bras droit fracturé, il rejoint sa famille à Périgueux en zone libre, où il subit diverses opérations chirurgicales. Mais il ne désarme pas.

Le 24 avril 1941, il est admis à la deuxième série de cours militaires de l’école de Saint-Cyr, repliée à Aix-en-Provence. Le 16 septembre 1941, il est affecté au 7e Régiment de tirailleurs sénégalais (RTS) et s’embarque un mois plus tard pour l’Afrique Occidentale Française. Affecté au RTS du Niger (RTSN) le 1er février 1942, il administra un vaste territoire près de Zinder, dans le sud du pays. Il fut promu lieutenant le 20 mars de la même année. Il se passiona pour le désert .

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De 1943 à 1944 - de 23 et 24 ans

Après le débarquement allié en Afrique, Michel, Gaulliste,  rejoint l’Afrique du Nord au bataillon de choc de Staouéli (à une vingtaine de kilomètres d’Alger) avec les autres membres de la mission interalliée, qui doit intervenir en France, sous la direction du capitaine Henri Chanay : Henri Rosencher et le capitaine britannique d’origine écossaise Edgar Alastair Hay.

 Le désert du Niger fascine Michel en 1942

Il est affecté à la Direction Technique des Services Spéciaux, Compagnie de service N°1 le 01.04.1944 et parachuté à Beaumont-de-Pertuis (Vaucluse) dans la nuit du 9 au 10 avril 1944. Sous le pseudonyme de Charles, puis de Victor, il fut l’officier de liaison radio du commandant Chanay, chef de la mission interalliée "Michel" dont le rôle était d’unifier tous les mouvements armés et de les aider à se procurer des armes. De fait, elle servit de soutien à l’ORA (Organisation de la Résistance Armée). Avec l’aide du sous-lieutenant Granier, alias Nicole, de l’ORA Michel participa à une tournée de sabotages et maniement d’explosifs en nord-Vaucluse.

Le SIPO-SD (la Gestapo) de Marseille, bien renseigné par le traitre "Multon" multiplia en juillet 1944 les saisies et arrestations. Michel Lancesseur et Henry Chanay furent pris dans cette toile répressive.

Lors des interrogatoires qui, en 1945, précédèrent son procès, Ernst Dunker-Delage, homme-clé de la Gestapo à Marseille, conta par le menu l’arrestation de Michel Lancesseur. Il fut arrêté, avec Henry Chanais le 15 juillet 1944, au sommet de la Canebière, près de l’église des Réformés, à proximité du café des Danaïdes. Ils devaient y rencontrer Robert Rossi, Levallois, chef régional des FFI.

Michel n’avoua rien, pas même son nom de famille.

Il tenta de s’évader de sa cellule de la rue-Paradis en creusant un trou dans le plafond de celle-ci, à l’aide d’une bouteille cassée. L’évasion échoua de justesse, du fait de la dénonciation d’un co-détenu.

Marseille -Le Café "Les Danaïdes" ou Michel fut arrêté par la Gestapo

Le Vallon des fusillés - le charnier de Signes

  LA GRANDE TRAHISON DE LUNEL - dit MULTON

 

Multon, ancien agent du groupe de la résistance "Combat" est arrêté par la police de Vichy le 27 avril 1943. "Retourné" par Dunker le chef de la Sipo de Marseille (Police de sécurité dont la gestapo faisait partie), il se "met à table", et donne tous les réseaux.

Il sera accompagné constamment d'un agent nazi, sous les ordres de Dunker, pour arrêter ses anciens amis résistants.

De cette funeste association Multon-Dunker, il en résultera, une centaine d'arrestaions directement, dont celle de Michel LANCESSEUR, et encore au moins une centaine indirectement, dont celle de Jean MOULIN.

 

Multon a été jugé et fusillé le 15 septembre 1946.

Dunker a été condamné à mort et exécuté le 6 juin 1950.

Le 18 juillet 1944, au cœur d'un vallon isolé des bois de Signes (Var), cet homme a été fusillé par l'occupant aux côtés de 28 autres compagnons de lutte, dont François Chanay, après un simulacre de jugement.

Une identité longtemps restée dans l'ombre

Bien que son sacrifice soit attesté, son nom ne figure pas sur les stèles commémoratives du charnier. À l'instar de cinq autres combattants, son corps n'a pas pu être formellement identifié lors des premières constatations. Il demeure toutefois l'un des « inconnus » de ce funeste 18 juillet, une vérité historique aujourd'hui corroborée par les travaux de l'historien Jean-Louis Delattre.

De l'exhumation à la Nécropole Nationale

Le parcours de sa dépouille et de celles de ses frères d'armes a suivi les étapes marquantes de la Libération et du devoir de mémoire :

  • 17 septembre 1944 : Exhumation des corps quelques semaines après le débarquement de Provence.

  • 18 juillet 1946 : Inauguration d'un monument funéraire sur les lieux du massacre, rebaptisés le « Vallon des Fusillés ».

  • 1996 : Reconnaissance solennelle du site, qui accède au rang de Nécropole Nationale.

Ce témoignage contribue à sortir de l'anonymat ceux qui, bien que sans nom sur la pierre, ont payé le prix ultime pour la liberté de la France.

Les deux frères ainés de Michel , Jacques et Roger décédèrent également prématurément :

Jacques, lieutenant aviateur, sorti de l’Ecole de l’air de Salon-de-Provence, disparu en mer au cours d'une mission pendant la campagne de Tunisie le 27 août 1943.

Roger se noya accidentellement le 14 août 1947 sur la côte normande, à Quiberville-sur-mer (76).

SOURCES : Musée de la résistance en ligne - Archives privées du colonel Pétré. — Site Maquisards de France, récit de son petit-neveu, 27 août 2009. — Madeleine Baudoin, Témoins de la Résistance en R2, Université de Provence (Aix-Marseille I), 1977 (rapport Antoine). — Jean-Paul Chiny, La Résistance R2 assassinée, mémoire dactylographié, février 2010. — Henri Rosencher, Le sel, la cendre et la flamme, Paris, chez l’auteur, 1985, rééd. Kiron-Éditions du Félin, coll. Résistance.Liberté-Mémoire, Recherches de Jean-Louis Delattre et Daniel Barbieri.

 

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Dernière mise à jour: 1er mars 2026

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